Posté le : 16 Jan 2026
Posté le : 16 Jan 2026 - Temps de lecture estimé : 12 minutes

Les causes de l'ennui scolaire des élèves en France : les écrans responsables ?

L’ennui à l’école n’est pas un phénomène nouveau. Pourtant, il semble aujourd’hui plus présent que jamais. Selon un baromètre Ipsos 2024*, près de 4 élèves sur 10 déclarent s’ennuyer à l’école. Plus inquiétant encore, 43 % estiment que ce qu’ils apprennent ne leur servira à rien. Ces chiffres posent une question essentielle : à quoi sert l’école aux yeux des élèves ? Les écrans (smartphones, réseaux sociaux, jeux vidéo, plateformes de streaming) qui nourrissent leur quotidien, sont-ils les seuls responsables de ce détournement de l’enseignement classique ?

Sommaire

Bon à savoir sur l’ennui à l’école :

 

  • 4 élèves sur 10 en France âgés de 11 à 15 ans déclarent s’ennuyer à l’école (IPSOS 2025)
  • Cet ennui peut avoir des conséquences comme la perturbation des cours, le décrochage, l’absentéisme, les difficultés scolaires, l’anxiété ou encore une santé mentale et physique dégradée.
  • Parmi les 6 causes majeures de l’ennui et du mal-être des adolescents français en 2025 : un programme rigide et très théorique (“qui ne servira à rien”), un manque d’individualisation, le poids des devoirs et la pression des notes, le jugement des parents et des camarades, un rythme inadapté aux besoins physiologiques des adolescents, un usage accru des écrans favorisant une baisse d’engagement scolaire, une perte d’attention et des troubles de la concentration.
  • Les écrans présentent de vrais effets et représentent un vrai danger pour le cerveau de nos jeunes (myopie, TMS, TCA et TDAH, santé mentale détériorée…) mais ils sont aussi indispensables pour ré-engager l’élève dans le processus d’apprentissage (activités technologiques, collaboratives…)
  • À La Jonchère, notre lycée est pensé pour que les élèves ne s’ennuient plus (ou le moins possible, de manière constructive) : apprentissages individualisés, méthodes pédagogiques actives, enseignements utiles avec du sens et une vie d’école riche en activités. Bref, le maximum pour que les élèves y soient le plus heureux et épanouis.

L’ennui : une expérience inhérente à l’école

L’école obligatoire représente une triple forme de contrainte pour le jeune : 

  1. elle le prive de sa liberté de mouvements
  2. elle exige des comportements adéquats
  3. elle impose des apprentissages spécifiques. 

De ce fait, ne peut-on pas affirmer que l’ennui fait, depuis toujours, partie de l’école ? Transmettre les mêmes matières, le même programme, au même rythme, au même moment, à des générations d’élèves aux profils, personnalités, centres d’intérêt si différents produit de l’ennui chez beaucoup d’entre eux. 

Qui ne se souvient pas d’un sentiment de vide absolu lors d’un cours de maths totalement abstrait ? Ou lors d’une explication de texte dont l’auteur ne nous touche pas…  Dès lors, l’élève devient passif et n’a plus de prise sur la situation. L’ennui est tapi et guette à tous les coins de la classe ! On peut même dire que l’ennui constitue une expérience structurelle de l’école, liée à la standardisation des apprentissages. L’enjeu est d’alors de surmonter l’ennui pour aborder les apprentissages et réussir à mobiliser son intelligence et sa volonté. 

L’ennui, dans ce cas, peut faire partie du processus d’apprentissage :  en surmontant le sentiment d’ennui, on aborde les matières d’une autre façon, on mobilise son intelligence, on se donne les moyens de comprendre et l’ennui laisse place à la joie d’avoir surmonté ses difficultés et au plaisir de l’effort. Toutefois, l’ennui peut être plus profond et se manifester de plusieurs façons, avec des effets plus ou moins délétères.

Silence, chahut, décrochage… les manifestations de l’ennui sont multiples

Pendant longtemps, l’élève qui s’ennuyait restait discret. Il regardait par la fenêtre, rêvassait, semblait ailleurs… jusqu’à être rappelé à l’ordre par son professeur. Présent physiquement, il était pourtant absent mentalement. Ce type d’ennui passait souvent inaperçu, laissant l’élève seul face à son malaise et à sa solitude mais il ne perturbait pas la classe. 

D’autres élèves expriment leur ennui de façon plus visible. Ils chahutent, perturbent la classe, cherchent à capter l’attention. Mais cette stratégie se fait au détriment du climat de classe et des apprentissages, mettant parfois les enseignants en difficulté. Les comportements sont d’ailleurs plus marqués aujourd’hui. 

Les manifestations de l’ennui à l’école en 2026

Avec l’évolution de la société et du rapport à l’autorité, l’ennui scolaire prend des formes plus virulentes et se manifeste parfois de façon plus problématique. Cela peut être : 

  •   Du désengagement ou de la provocation : refus de travailler, devoirs non faits, opposition aux consignes, endormissement en classe, difficultés scolaires et troubles de l’apprentissage.
  •   L’usage détourné des écrans pendant les cours : smartphones consultés en cachette, attention tournée vers l’extérieur plutôt que vers le cours, troubles de la concentration, hyperactivité.
  •   Des retards ou des absences : l’ennui et la démotivation poussent certains élèves à s’éloigner de l’école, jusqu’au décrochage et à l’échec scolaire.

Ces signaux sont désagréables pour tous, gênant les élèves qui souhaitent travailler et décourageant les enseignants, et ils ne doivent pas être ignorés. Ils peuvent traduire un profond malaise, une baisse d’estime de soi, une perte de sens dans les apprentissages.

L’ennui peut nuire à la santé mentale : le bore out des ados

Par ailleurs, une autre manifestation à part de l’ennui à l’école est l’impact sur la santé mentale del’adolescent. En effet, une étude scientifique publiée en 2021 a démontré que l’ennui académique est associé à des risques accrus de troubles psychologiques chez les jeunes : baisse de bien-être, symptômes dépressifs, troubles psychosomatiques. Logique, les adultes connaissent bien le bore out, alors pourquoi pas les enfants ? 

Les chiffres de la santé mentale chez les adolescents peuvent porter à préoccupation (Étude EnClass 22-24) : 

  • Si 6 sur 10 annoncent aller bien avec un “bon niveau de bien-être mental”, ils sont 2 sur 10 à ressentir de la solitude. 
  • 51% des élèves (collège et lycée) présentent des manifestations physiques de leur état psychologique ou somatique : maux de tête, fatigue…
  • Pour finir, 14% des adolescents présentent un risque de dépression au collège. 
  • 1 adolescent sur 4 a peur de l’école : anxiété notamment liée au système de notation, aux évaluations et à la peur de décevoir parents et profs. 

Les écrans, responsables de l’ennui scolaire ?

Selon les résultats d’une enquête menée auprès de près de 3500 collégiens en 2021, «  passer plus de deux heures par jour sur les écrans ou encore envoyer plus de 200 SMS quotidiens réduit fortement les chances d’appartenir au quart d’élèves dont la moyenne est supérieure à 15, et augmente celle d’appartenir aux élèves qui ne dépassent pas 10 de moyenne »**. Cela montre la relation de cause à effet entre l’utilisation des écrans et la motivation scolaire.

Aujourd’hui, les adolescents, toute classe sociale confondue, sont de plus en plus équipés en smartphone, télévision dans la chambre, tablette… et le temps passé avec ces objets connectés peut les « détourner » des apprentissages de plusieurs manières. Tout d’abord le temps passé à consulter ses messages, scroller des contenus ou jouer au jeu vidéo n’est plus du temps passé à étudier. Ensuite, les écrans ont d’autres effets cognitifs sur leurs utilisateurs, qui peuvent contribuer à rendre l’école beaucoup moins stimulante et intéressante et donc renforcer le sentiment d’ennui en classe. 

Quelles sont les raisons pour lesquelles les adolescents aiment autant les écrans ? 
Les écrans, en effet :
  • proposent une stimulation rapide et fragmentée du cerveau (multitâche, zapping)  alors que l’école demande une attention soutenue ;
  • sont sources de récompenses immédiates (likes, vidéos courtes)  alors que la gratification à l’école est différée ;  
  • sont « contrôlés » par l’élève : c’est ce dernier qui choisit ses contenus, son temps de consultation, ses interactions…  alors que les apprentissages et les devoirs sont imposés par l’école.

En comparaison, l’école peut donc sembler :

  • trop exigeante en termes d’attention ;
  • trop lente et statique ;
  • trop peu interactive ;
  • trop déconnectée des centres d’intérêt des élèves.
L’ennui scolaire est également déclenché par les inconvénients de l’école classique

Si l’école peut sembler plus ennuyeuse que les écrans, ces derniers ne sont pas seuls responsables de l’ennui scolaire. Comme on l’a vu, l’ennui existe depuis que l’école existe. Les écrans sont aujourd’hui plutôt des révélateurs des limites du modèle scolaire traditionnel. Ils indiquent que les besoins fondamentaux des élèves – comme l’autonomie, le suivi individualisé, les interactions, les feedbacks – ne sont pas satisfaits à l’école. 

Autrement dit, l’élève a besoin d’être acteur de ses apprentissages pour ne plus les subir et ne plus ressentir ce sentiment d’ennui pouvant conduire au sentiment d’échec et à la perte d’estime de soi. Car inversement, on peut affirmer que beaucoup d’élèves très investis dans les jeux vidéo ou le numérique ne s’ennuient pas à l’école, surtout lorsque :

  •  les apprentissages sont signifiants,
  • l’élève est actif,
  • les méthodes pédagogiques sont variées.

Les écrans pour relancer la motivation scolaire

Les écrans ne sont donc pas la cause unique de l’ennui scolaire des élèves en France. Ils peuvent l’accentuer, notamment en modifiant les attentes et les capacités d’attention des jeunes, mais ils ne font que révéler des fragilités plus anciennes du système scolaire. Lutter contre l’ennui suppose avant tout une réflexion globale sur la pédagogie, le sens des apprentissages et la place du numérique à l’école, non comme bouc émissaire, mais comme outil à maîtriser. 

Le décalage entre l’univers numérique, interactif et visuel des élèves et l’institution scolaire qui reste largement fondée sur des formats hérités du XIXᵉ siècle est assez flagrant. L’enjeu n’est donc pas de bannir les écrans, mais de les utiliser autrement, avec la collaboration des enseignants. Dans ces conditions les écrans peuvent même :

  • favoriser l’engagement actif (projets, création, programmation, formation à l’IA),
  • soutenir l’autonomie et la différenciation,
  • renforcer le sens des apprentissages,
  • reconnecter l’école à des pratiques culturelles contemporaines.

Utilisés à des fins pédagogiques (vidéos, projets collaboratifs, outils interactifs), les écrans peuvent même réduire l’ennui et renforcer l’engagement des élèves !

Au Lycée La Jonchère, une pédagogie personnalisée, active et motivante

L’ennui n’a – presque – pas sa place au Lycée La Jonchère ! Notre établissement scolaire adopte une approche pédagogique différente de l’école traditionnelle, en plaçant l’élève au centre des apprentissages. 

Des apprentissages individualisés

Les cours sont adaptés au rythme de chacun, avec une très forte individualisation qui permet à chaque élève d’apprendre à son propre rythme, sans pression. Ainsi responsabilisés et encouragés, les élèves s’engagent plus facilement  dans leurs apprentissages, ce qui augmente leur motivation et diminue le sentiment d’ennui. 

Des méthodes d’enseignement actives

Les méthodes d’enseignement sont aussi variées : l’école utilise des méthodes actives comme la classe inversée, l’expérimentation, la gamification ou les projets collaboratifs. Ces approches rendent les cours plus vivants et interactifs, ce qui maintient l’attention et stimule la curiosité.  

Des apprentissages utiles pour le futur de vos enfants

Par ailleurs, au Lycée La Jonchère, l’accent n’est pas seulement mis sur les matières scolaires, mais aussi sur les soft skills (communication, travail en équipe, créativité, etc.). Il y a des ateliers intergénérationnels, des projets de communication, des activités culturelles, artistiques ou technologiques, ce qui diversifie les expériences et rend l’école plus attrayante. 

Une vie d’école riche, dynamique et internationale

L’établissement propose aussi des événements, des activités sportives, des projets créatifs ou des échanges (par exemple voyages et échanges culturels), qui rendent la vie scolaire plus riche et dynamique ! 

Le sentiment d’ennui peut bien sûr survenir à tout moment. Cependant, dans ce contexte d’école épanouissante,  il n’aura pas la même saveur :  de subi et désagréable, l’ennui constituera plutôt  un moment de vide et de calme,  tout à fait propice à l’imaginaire et à la créativité de l’élève. 

 

  

Sources :

*Baromètre « Notre Avenir à Tous » / Ipsos 2024

** Projet INEDUC (Inégalités éducatives), Agence nationale de la recherche.